La Gamelle Trophy 2009
La Gamelle Trophy : tous les vététistes de l’Ouest (et même parfois de plus loin) en ont entendu parler…
Un parcours magnifique avec 0% de bitume, 100% de chemins de forêt, 200% de difficultés !
Après notre gros début de saison, entre la randonnée du Pays de Pail aux Alpes Mancelles, la Rochefortiche et notre raid de 3 jours entre Villaines la Juhel et le Mont Saint Michel, hors de question de zapper la Gamelle Trophy !
A force d’en discuter entre vététistes Gadoo Bike, il y a deux types de réactions :
- Ceux qui ne ce sentent pas capables d’en baver pendant 4 ou 5 heures !
- Ceux qui décident de s’entraîner un minimum histoire de ne pas finir à l’agonie…
Personnellement, après une édition 2008 TRES difficile, avec une arrivée à l’état de déchet et une récupération particulièrement longue, j’ai décidé de rouler sérieusement pendant quelques semaines pour être en forme le jour J et prendre un maximum de plaisir…
Avec un double objectif : plus de 15 km/h de moyenne sur la course, et une place dans la première moitié du classement … Sûrement un peu ambitieux, mais il faut bien se fixer des objectifs pour trouver la motivation de rouler plusieurs fois par semaine pendant la pause déjeuner !
De l’équipe, nous sommes finalement 7 à prendre le départ de la Gamelle Trophy 2009 :
Olivier M, Stéphane, Fred et JP pour la rando du matin (50 km), Nicolas, Jérôme et moi-même pour la course de l’après-midi (65 km).
Une petite pensée particulière aux courageux de la rando du matin, qui, si ils effectuent quelques km de moins que les furieux de l’après-midi, sont néanmoins obligés de partir à 6h30, distance Plessis-Macé / Sillé le Guillaume oblige !
Avec Nico et Jérôme, nous nous retrouvons tranquillement à 9h15 pour monter les vélos sur la remorque. Nous partons en direction de Saint Fort prendre Jean-Luc, qui participe lui aussi à la course.
Dans la voiture, l’ambiance est particulièrement conviviale : chacun y va de sa petite blague, et tout le monde fait plutôt profil bas… On a déjà tous participé à la Gamelle, on sait qu’il vaut mieux ne pas trop la ramener car vu la difficulté du terrain, la moindre erreur ou baisse de forme se paye cash !
En arrivant à Sillé le Guillaume, on tente une approche par l’arrière, en espérant trouver une place sur le parking « officiel »… On ne doute de rien !
Un sympathique organisateur nous demande notre laissez-passer… On éclate de rire, l’organisateur comprend vite et nous demande d’aller nous garer dans le champ situé 2 km plus loin, comme tout le monde !!!
Mais comme on est des p’tits gars feignants et qu’on économise nos forces pour la course, on se gare en brêle juste derrière la tente qui abrite le podium : na !
On récupère nos plaques, mais pas sans encombre : Nico n’ayant pas de certificat médical, l’organisateur refuse de lui valider son inscription ! Après d’âpres discussions en duo avec Jérôme sur le thème « c’est pas clairement indiqué votre histoire de certificat », l’organisateur dépité finit par lui donner sa plaque… Ouf ! Nico, à mon avis il vaut mieux jouer la prudence, l’année prochaine…
Après cette séquence émotion, on s’installe tranquillement au bord du lac pour manger un morceau : on apprécie tous ces instants de repos, en pensant aux efforts qui nous attendent ensuite…
On commence alors à se préparer : la pression monte gentiment !
On part assister au départ de la première vague, c’est toujours un moment impressionnant… L’année 2009 ne fait pas exception à la règle : ça part très très fort ! Le rythme laisse entrevoir le gouffre qui nous sépare des véritables compétiteurs… Ca calme !
Histoire d’avoir bonne conscience et de faire monter tranquillement les jambes en température, on tente de pédaler quelques minutes avant le départ. Comme on s’y prend un peu tard, on arrive à la mise en ligne à l’arrache !
Une dernière prière silencieuse, et c’est parti pour 65 km !
Jean-Luc a démarré quelques lignes devant, et je vois Nicolas me doubler d’un coin de l’œil. Mais le départ est tellement dense qu’il est impossible de se rejoindre ! La séparation en 3 vagues n’a pas vraiment réglé les bouchons du début de course…
D’autant plus qu’on arrive très rapidement sur des terrains un peu techniques à cause du grand nombre de racines, et qui semblent poser problèmes à pas mal de vététistes… Il y a des pieds par terre de partout, et on avance au ralenti !
Au bout de 3 km, nous arrivons sur une première montée légère, pleine de pierres roulantes… Le pauvre vététiste devant moi fait des zigzags pas possibles pour tenter de garder l’équilibre sur son vélo, ce qui provoque un sérieux bouchon derrière !
Ne pouvant le passer sans risquer de le faire tomber, je suis obligé de freiner un coup… Et je sens le gars derrière moi taper fortement mon dérailleur arrière…
Et quelques mètres plus loin je m’aperçois que mes pignons ne passent plus ! AAAAAAAAAAh ! C’est trop injuste, je pousse des cris de rage en pensant à toutes les séances d’entraînement que j’ai bouffé pour rien !
Je me calme, je m’arrête, et je retourne mon vélo… Jérôme me rejoint, et on tente de comprendre ce qui ne va pas…
Le temps de réaliser que le câble de dérailleur n’est pas rompu et de toucher un peu à tout, on s’aperçoit que les vitesses fonctionnent à condition de ne pas passer le grand pignon qui bloque tout… Un 34 dents m’aurait été utile pour les « montées impossibles » qui nous attendent, mais je ne vais pas faire la fine bouche : je pensais être obligé d’abandonner !
Cet arrêt forcé de 10 bonnes minutes a deux conséquences…
Point négatif : on repart bons derniers, le participant nous précédant étant déjà bien loin !
Point positif : on est tout seuls sur les chemins, il n’y a plus de poussière et plus personne qui bouchonne
!
On repart donc dans un rythme « rapide + » (ou « économie – », c’est vous qui voyez…), en tentant de rattraper le retard et d’éviter le couperet des 13 km/h de moyenne qui nous éliminerait de la course !
Les kilomètres qui suivent sont un vrai bonheur : comme on se connaît par cœur avec Jérôme, on fonce roue dans la roue, en prenant régulièrement les relais et en suivant les trajectoires de l’autre… Ca trace ! Les chemins sont roulants et pas très piègeux, c’est parfait pour un début de course !
Après 20 minutes, on commence à reprendre du monde : ça fait du bien au moral ! On tente de passer sans forcer ni gêner, en prenant garde de ne pas crever en prenant une mauvaise trajectoire. Les descentes sont avalées à Mach 2, l’adrénaline coule à flot !
Au kilomètre 18, nous arrivons au premier ravito où nous attendent Jean-Luc et Nico. Visiblement, nous avons bien rattrapé notre retard, nous prenons donc quelques minutes pour manger avant de repartir.
Nous nous remettons en selle tous les 4. Nous continuons de remonter du monde, mais pas facile de tous doubler en même temps, surtout sur des singles étroits…
Au 25ème kilomètre, on arrive à la Chaise du Diable : Nico tente la descente devant moi, alors qu’un organisateur nous hurle « ça ne passe plus ! » Pas de problème, j’attendais juste une excuse pour me dégonfler, je ne me sentais pas en confiance ! Avec Jérome et Jean-Luc, nous descendons à pieds alors que Nico franchit brillamment la difficulté sur son vélo : respect mon gars…
Le temps de remonter sur le vélo, Nico est déjà loin : je fournis l’effort pour le rattraper, en prenant un peu d’avance sur Jean-Luc et Jérôme derrière.
Nous roulons alors quelques kilomètres avec Nico : me sentant bien, je prends du champ dans les montées, alors que Nicolas me rattrape invariablement dans les descentes, dans un style disons… dénué de douceur !
Vexé de passer à pieds la Chaise du Diable, je décide de franchir la prochaine descente balisée « DANGER » sur le vélo… Bonne pioche, on arrive sur une magnifique pente à 92% (j’exagère légèrement pour justifier la suite…) où un gentil organisateur me crie « ça ne passe plus ! »
Merci Monsieur, on m’a déjà fait la blague ! Je décide donc de continuer sur le vélo alors que tout le monde pose pied à terre, et j’effectue un magnifique soleil pour le plus grand bonheur des spectateurs présents…
Bilan : une castration gratuite et sans anesthésie (désolé chérie, pour le petit 3ème je crois que ça ne sera pas possible…), et un genou explosé sur le cadre… Si vous ne me croyez pas, regardez donc les photos, y’a la trace de sang
!
Une fois ma fierté ravalée, on repart avec Nico en roulant ensemble jusqu’au 2ème ravito situé au 33ème kilomètre.
On attend Jérôme et Jean-Luc quelques minutes en s’alimentant. En arrivant, Jean-Luc nous explique qu’il a fortement tapé son dérailleur sur une pierre. Le petit plateau ne passe qu’en anticipant très fortement, il décide donc de rouler en majorité avec !
On se remet en route… Je sens que la forme est bien là, je décide de prendre un peu d’avance. Nico me reprend dans les premières descentes, puis j’arrive à me détacher au bout de quelques kilomètres.
Mais le speaker nous avait prévenu : « gardez-en sous le pied, les vrais difficultés commencent après le 30ème kilomètre ! » Je confirme !
Effectivement, le terrain change assez radicalement : finies les longues montées à 5% et les descentes ludiques, bienvenues les montées raides, les chemins pleins de caillasses, et les descentes techniques…
Et c’est là que j’apprécie pleinement les efforts fournis à l’entraînement, qui me permettent de reprendre pas mal de gars qui ont laissé trop de forces dans la première moitié de parcours…
Je vois des vététistes pratiquement à l’arrêt dans les montées, à la lucidité précaire dans les descentes, ou carrément assis par terre le regard vide… Je compatis à 100%, j’étais dans le même état l’année dernière…
Les kilomètres passent lentement, je sens ma température monter et le sang battre dans ma tête… Je me force à boire et à manger régulièrement, mais je sens bien que j’ai tendance à oublier de le faire quand les difficultés sont trop rapprochées…
Malgré tout, je ne sens aucune fringale venir et j’arrive à gérer mes jambes. Je fais alors l’erreur d’être trop présomptueux et je n’applique même pas les conseils que je donne aux autres : je tente de franchir toutes les côtes sur le vélo, avec en plus le grand pignon inutilisable !
Fort heureusement, le parcours sélectif de la Gamelle me remet dans le droit chemin : après 3 ou 4 côtes avalées comme un débile, je mesure le temps et la distance qui me séparent de l’arrivée, et décide de poser pied à terre dans les « montées impossibles »… En utilisant les mollets à la place des cuisses, ça me permet de récupérer un peu et même de doubler quelques participants à l’agonie !
Je passe enfin le 3ème ravito situé au kilomètre 49… J’hésite à peine : je me sens vraiment bien et je décide de ne prendre que quelques secondes pour boire dans ma gourde avant de repartir à l’attaque des 15 derniers kilomètres.
Les montées et descentes se succèdent, et je me force à rester vigilant car je sens que ma lucidité n’est plus au top… En bas d’une descente prise à fond, je me fais d’ailleurs une belle chaleur dans le virage serré qui suit, pas forcément bien indiqué et encore moins bien négocié…
Alors que je commence à ressentir une pointe de fierté en remarquant que je ne me suis pas fait doubler depuis bien longtemps, je me fais dépasser en trombe par un grand black dans une montée… Il me passe tellement vite que je me demande un moment si je n’ai pas rêvé…
Je l’aperçois néanmoins quelques kilomètres plus tard, et je décide de tout donner pour le reprendre… L’objectif parfait pour se cramer, car il reste encore 8 bons kilomètres !
Comme le rascal avance fort, je galère pour le rejoindre… Je le soupçonne de m’entendre derrière lui dans les descentes, et de relancer pour reprendre de l’avance ! Après 10 bonnes minutes à me dépenser sans compter, je fais enfin le lien. Je tape la discute avec lui quelques instants, le gars est très sympa !
Je regarde maintenant mon compteur toutes les 2 minutes : les derniers kilomètres ne passent vraiment pas vite ! A chaque rencontre avec un organisateur, je demande la distance restante, et la réponse ne me satisfait jamais : il reste plus de bornes que prévu !
Pour avoir étudié le profil de la course, je me souviens néanmoins que les derniers kilomètres sont relativement roulants, je brûle donc mes dernières forces en arrêtant de gérer…
Il commence à y avoir du peuple sur le bord des chemins, et tout le monde encourage : c’est vraiment très sympa, et ça motive ! Des familles complètes tapent dans les mains et prononcent une petite phrase d’encouragement à tous les participants, ça fait chaud au cœur et on se surprend à passer plus vite que prévu !
Juste après le panneau « Arrivée 1 km », la dernière grosse montée est prise sur le vélo pour faire plaisir à la famille venue supporter les troupes ! On entend enfin le speaker au loin : ça sent la fin !
Dans le final technique, j’entends deux vététistes, eux aussi excités à l’idée d’arriver, rentrer sur moi pour tenter de me dépasser… C’est de bonne guerre, j’aurais fait pareil ! Mais pas question de se laisser faire, alors je relance en danseuse partout où c’est possible, et je retarde mes freinages en faisant allégrement déraper la roue arrière ; en bref, je profite pleinement des derniers coups de pédale et je me fais plaisir !
Et c’est l’arrivée !
Je retrouve Georges et Laurence, et je suis surpris de voir Jean-Luc : ne se sentant vraiment pas bien, il a préféré jouer la sécurité en coupant après le dernier ravito… Encore une preuve de la difficulté du parcours !
Nicolas arrive ensuite : il a crevé son pneu avant, et s’est arrêté deux fois pour regonfler… Il réussit finalement à finir sans changer de chambre à air !
Jérôme a moins de chance : lui aussi handicapé par une crevaison, il a galéré pendant 20 minutes pour remettre en place son pneu sur la jante ! Deux personnes seront finalement nécessaires pour remonter le pneu récalcitrant…
En entendant cela, je vérifie mécaniquement mon vélo : mon pneu arrière est à plat, malgré la chambre anti-crevaisons ! C’est ce qui s’appelle une rando exigeante pour le matériel !!!
Nous posons nos fesses sur une chaise, en dégustant une bière bien fraîche : c’est simple le bonheur ! Ca parle peu, tout le monde baille, et les regards sont fatigués… On voit les organisateurs s’affairer autour de nous pour tout ranger, et on apprécie de ne rien avoir à faire ! Dans une moindre mesure, on a déjà donné deux semaines auparavant avec notre première Gadoo Night…
On se change, et on installe tranquillement les vélos sur la remorque. Ca y est, la Gamelle Trophy 2009 est bien terminée ! Avant de partir, on rigole un dernier coup en se prenant en photos sur le podium avant que celui-ci ne soit démonté : on peut toujours rêver un peu, non ?
Le retour à la réalité le lundi matin est dur… Vivement les vacances à Fréjus et le Roc Marathon !
Au final, avec une moyenne de 15,7 km/h et une 368ème place sur les 820 partants, j’ai réussi à tenir mes objectifs sur cette Gamelle Trophy 2009 !
Si la fierté d’avoir réussi à remonter un gros paquet de participants en repartant bon dernier et d’avoir su gérer mes efforts pour profiter de chaque kilomètre de course est (je pense) légitime, l’analyse des temps réalisés par les compétiteurs en haut de classement donne sérieusement à réfléchir !
Avec presque 1h30 dans la vue et 6 km/h de plus, ce n’est plus un écart de performances, c’est un monde qui nous sépare des meilleurs… La Gamelle Trophy reste donc un excellent remède « anti grosse tête », qui permet à nous, petits compétiteurs du dimanche, de relativiser fortement notre « perf »…
Ainsi, la Gamelle Trophy reste avant tout pour nous une randonnée magnifique, qui se mérite par l’exigence de ses terrains, mais qui nous donne un plaisir incomparable par la qualité de ses singles et les sensations offertes dans les descentes rapides et techniques…
Merci à ceux qui ont eu le courage de lire ce compte-rendu jusqu’à la fin, excusez-moi auprès de vos conjoint(e)s pour les 2 heures perdues à lire ce « résumé » qui n’en finit pas, et rendez-vous l’année prochaine pour la Gamelle 2010 !
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Visualiser / télécharger le parcours GPS de la randonnée
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Bravo à vous 4 pour cette participation et merci pour ce compte rendu qui permet, comme tu sais le faire, nous faire vivre les randos… sur notre fauteuil, devand l’ordi !
A+ et chapeau pour le résultat sportif !
laurent
huchet laurent, 15 octobre 2009 à 20 h 40 min